Taxe sur les opérations monétaires
   

Lexique de termes financiers

Architecture financière internationale

expression fourre-tout désignant les politiques, les programmes et les institutions nécessaires pour gérer le secteur de plus en plus mondialisé de la finance.

Balance des opérations courantes

partie de la balance des paiements d’un pays qui comprend les transactions internationales d’importation et d’exportation, l’intérêt sur les dettes, les profits sur les investissements directs à l’étranger et les subventions de soutien. La balance des opérations courantes est un compte récapitulatif des opérations enregistrées dans la balance commerciale d’un pays (balance des opérations courantes négative = déficit commercial).

Balance des paiements (BDP)
la somme de toutes les transactions internationales effectuées par un pays pendant une période déterminée. Les ventes à l’étranger sont portées au crédit du pays alors que les achats de biens, de services ou d’actifs sont portés à son débit. La BDP comprend la balance des opérations courantes et la balance du compte de capital.
Banque centrale
banque nationale contrôlée par le l’État. Elle est chargée d’émettre la monnaie, d’établir les politiques monétaires, les taux d’intérêt, la politique en matière de taux de change, ainsi que la réglementation et la supervision du secteur des banques privées.
Banque des règlements internationaux
institution qui joue le rôle de chambre de compensation entre les banques centrales du monde et qui établit des réglementations bancaires. Créée en 1930, elle est dirigée par un conseil d’administration contrôlé par des représentants de pays développés.
Banque mondiale
institution créée en 1944 pour aider à la reconstruction de l’Europe de l’après-guerre. Aujourd’hui, c’est la plus grande institution publique de développement au monde. Elle accorde aux États des prêts à long terme applicables à des projets de développement dans des secteurs divers (voir conditionnalité). La somme des prêts consentis par la Banque mondiale en 1999 s’élevait à 29 milliards $US.
Caisse de retraite
fonds semblable à un fonds commun de placement, à la différence qu'il réunit des investisseurs à long terme, liés par leur appartenance à une entité commune du milieu de travail (un syndicat, par exemple). Dans de nombreux pays, les caisses de retraite sont, et de loin, les plus importants investisseurs institutionnels.
Capital
ensemble de biens pouvant être injectés dans l'économie. Le capital réel désigne l'investissement dans l'équipement, les immeubles et la production. Le capital financier représente ce qui est entreposé dans les banques ou investi dans des instruments financiers. Le capital humain correspond à la valeur économique des connaissances, des compétences et du travail physique des personnes.
Comportement grégaire
tendance des investisseurs à se comporter comme un groupe homogène face aux fluctuations anticipées du marché. En situation de crise, cette tendance peut causer des mouvements de panique et entraîner le retrait précipité et massif des fonds investis dans un pays soudainement perçu comme étant au bord de l'effondrement (phénomène aussi appelé " fuite de capitaux ").
Compte de capital
partie de la balance des paiements d'un pays qui comprend l'ensemble des achats et des ventes internationales de biens, y compris les investissements directs à l'étranger, les placements de portefeuille, les emprunts bancaires, les autres valeurs et les avoirs en devises étrangères. 
Conditionnalité
ensemble de conditions à remplir pour qu'un prêt soit consenti. Depuis le début des années 1980, par exemple, la grande majorité des prêts consentis par le FMI et la Banque mondiale ont obligé les pays bénéficiaires à adopter des mesures d'" austérité budgétaire " qui comprennent la privatisation des entreprises nationalisées, l'abolition des barrières à l'importation et à l'investissement étranger et l'affaiblissement de l'État par la réduction des budgets et des programmes. Ces obligations sont appelées conditions d'ajustement structurel.
Contrôle des changes
mesures prises pour contrôler les opérations de change dans le but de gérer les mouvements de capitaux.
Dévaluation
diminution de la valeur d'une monnaie par rapport à une autre. Les pays en développement ont souvent été incités à dévaluer leur monnaie dans le cadre des programmes d'ajustement structurel du FMI et de la Banque mondiale afin d'améliorer leur compétitivité en augmentant le coût de leurs importations et en diminuant le coût de leurs exportations. 
Devise
monnaie émise par un pays étranger. Le paiement des importations et le remboursement des dettes internationales se font en devises. La plus grande partie des échanges en devises se font entre grandes banques internationales. Contrairement aux marchés boursiers, le " marché des devises " ou " marché des changes " ne correspond pas à un lieu physique défini.
FMI (Fonds monétaire international)
organisme international créé en 1944 pour fournir un soutien financier à court terme à des pays ayant besoin de stabiliser leurs taux de change ou d'alléger leurs problèmes de balance des paiements. Depuis les années 1980, le FMI joue un rôle de plus en plus important dans la prise de décisions économiques des pays qui bénéficient de son aide, en raison de la conditionnalité attachée à cette aide.
Fonds commun de placement
fonds constitué d'actions, d'obligations ou d'autres valeurs appartenant à un groupe qui peut réunir un grand nombre de petits investisseurs et géré par un gestionnaire de fonds professionnel.
Fonds de placement spéculatif
fonds de placement privé et non contrôlé, au service des gros investisseurs (les placements minimaux commençant habituellement à 1 million $US), spécialisé dans la spéculation à haut risque et à court terme sur les obligations, les devises, les options d'achat d'actions et les instruments dérivés.
G-20
groupe composé des ministres des Finances et des banquiers centraux des 20 pays suivants : Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, France, Allemagne, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Russie, Arabie saoudite, Afrique du Sud, Corée du Sud, Turquie, Royaume-Uni, États-Unis et Union européenne. Le FMI et la Banque mondiale y participent également. Le G-20 a été mis sur pied en réaction à la crise financière de 1997-1999 afin d'élaborer des politiques propres à " favoriser la stabilité financière internationale ".
Instruments ou produits dérivés
instrument financier dont la valeur est " dérivée " de celle d'un actif sous-jacent (par exemple, un taux d'intérêt ou un indice boursier). Ils sont destinés à permettre aux entreprises de se " couvrir ", c'est-à-dire de se protéger contre les risques inhérents à la fluctuation des cours, ou à servir d'investissements spéculatifs pouvant rapporter des profits considérables. Le développement rapide du marché des instruments dérivés a joué un rôle majeur dans l'accroissement de la volatilité du système monétaire international.
Investissement direct à l'étranger (IDE)
achat de terrains, d'équipement ou d'immeubles ou construction de nouveaux équipements ou immeubles par une entreprise à l'étranger. L'IDE réfère aussi à l'acquisition d'un bloc de contrôle d'une entreprise ou d'un établissement existant (on parle alors de fusion ou d'acquisition). Les firmes multinationales intéressées à s'approprier des ressources naturelles, à accéder à certains marchés lucratifs ou en développement et à réduire leurs coûts de production en puisant dans les réservoirs de main-d'œuvre à bon marché des pays en développement sont des " investisseurs IDE ". Parmi les exemples classiques d'IDE, notons la prise de possession des banques coréennes par les banques américaines et la construction de mines au Brésil par des compagnies minières canadiennes (voir aussi placement de portefeuille).
Libéralisation des comptes de capitaux
processus par lequel les États, souvent sur l'ordre du FMI, suppriment les obstacles à la circulation des capitaux étrangers à l'entrée et à la sortie du pays.
Liquidités
avoirs disponibles pour effectuer des paiements et répondre à des engagements.
Mondialisation
désigne l'intégration économique croissante des pays du monde. La mondialisation économique survenue au cours de ce siècle s'est développée selon deux grands axes : la libéralisation du commerce (circulation accrue des biens) et la libéralisation des échanges financiers (circulation accrue du capital).
Moratoire sur la dette
suspension temporaire de remboursement d'une dette destinée à permettre au pays débiteur de réorganiser et de rééchelonner sa dette.
Mouvements de capitaux (flux monétaire)
mouvement des devises d'un pays à un autre. Les types d'opérations permettant de déplacer des devises à l'échelle internationale comprennent : les emprunts et les remboursements d'emprunts, les émissions et les remboursements d'obligations, le rapatriement de capitaux et d'investissements directs à l'étranger et les placements de portefeuille tels que les actions, les obligations et les instruments dérivés.
Obligation
titre de créance où l'emprunteur (gouvernement ou société) touche un montant d'argent et l'obligataire (investisseur) reçoit la garantie du remboursement majoré d'un intérêt à l'échéance. Au cours des vingt dernières années, les émissions d'obligations ont remplacé les prêts bancaires comme source principale de financement des pays en développement. La valeur d'échange d'une obligation sur les marchés mondiaux des obligations est inversement reliée à son degré de risque anticipé (c'est-à-dire la probabilité que le gouvernement ou la société émettrice soit incapable de respecter l'engagement pris).
Opération de couverture sur devises (hedging)
Les opérations de couverture sur devises sont considérées comme une dépense d'affaires en période de grande volatilité des taux de change. Lorsque le peso, le rand ou le baht perd 50 % de sa valeur à la suite d'une attaque spéculative, d'autres monnaies (euro, dollar et yen) deviennent très coûteuses, ce qui augmente les coûts d'entreprise. En achetant des devises en prévision d'une dévaluation, les entreprises bénéficient d'une réserve de change qui leur sert de coussin de sécurité car elles peuvent y puiser jusqu'à ce que le taux de change se stabilise.
Placement de portefeuille
acquisition d'actions, d'obligations ou d'autres valeurs étrangères. Contrairement à l'investissement direct à l'étranger (IDE), le placement de portefeuille à l'étranger est habituellement un placement à court terme et l'investisseur n'a pas de visée de contrôle. La facilité relative avec laquelle les placements de portefeuille peuvent entrer et sortir d'un pays est l'un des facteurs qui ont le plus contribué à accroître la volatilité et l'instabilité du système monétaire international. 
Politique budgétaire
politique macroéconomique de l'État dont l'objectif est d'influer sur l'ensemble de l'activité économique en contrôlant la taxation et les dépenses publiques (voir aussi politique monétaire). 
Politique monétaire
politique macroéconomique de l'État dont l'objectif est de réguler l'activité économique en agissant sur les taux d'escompte, les taux d'intérêt et la masse monétaire (c'est-à-dire l'ensemble des disponibilités monétaires en circulation). 
Prêteur de dernier recours
institution, habituellement une banque centrale, qui peut entrer en jeu et avancer des fonds à une banque aux prises avec une situation de panique (retraits de fonds précipités par les déposants) ou à une institution perçue comme étant à haut risque ou au bord de la banqueroute et à laquelle aucune autre institution n'accepte de prêter.
Réserves
fonds que les banques sont légalement tenues de conserver pour répondre à ses engagements à court terme (advenant, par exemple, qu'un grand nombre de déposants décident de retirer précipitamment leurs dépôts). Le montant que les banques doivent garder en réserve varie selon les pays et a diminué d'une façon générale à la faveur de la libéralisation des opérations financières.  
Risque moral ou aléa moral
risque défini par rapport au principe selon lequel des agents qui ont la possibilité d'échapper aux conséquences de leurs actions auront tendance à avoir des comportements insouciants dans une situation semblable ultérieure. L'argument du risque moral est souvent invoqué par les opposants à la remise d'une dette légalement contractée; il a aussi été avancé pour critiquer les programmes de sauvetage du FMI, utilisés pour renflouer des banquiers et des investisseurs privés imprudents.
Sauvetage
nom donné couramment aux prêts de sauvetage d'urgence coordonnés par le FMI et consentis aux économies en crise. Les investisseurs étrangers sont habituellement les premiers bénéficiaires de ces sauvetages, tandis que les citoyens du pays héritent du fardeau de la dette envers le FMI.   
Spéculation (sur les taux de change)
action d'anticiper l'évolution des taux de change dans l'espoir d'en tirer profit. Une demande ou un " assaut " spéculatif survient lorsqu'un grand nombre d'investisseurs anticipent une baisse de la valeur d'une monnaie et vendent de grandes quantités de leurs avoirs (créant ainsi de toute pièce, bien souvent, l'effondrement des cours qu'ils avaient prédit).
Taux de change
valeur d'une monnaie nationale par rapport à une autre (par exemple, 1 $CAN = 0,67 $US). Il existe trois grandes approches en matière de gestion des taux de change, ceux-ci pouvant être flottants, fixes ou stabilisés. 
Taxe sur les opérations monétaires
mesure fiscale appliquée aux opérations de change au niveau national dans le but de réduire la volatilité et le volume du flux monétaire. 
Taxe Tobin
proposition avancée par l'économiste et prix Nobel James Tobin consistant à soumettre les opérations de changes à une taxe minime (0,1 à 0,5 %) dans le but de stabiliser les marchés monétaires. Une taxe Tobin générerait également des centaines de milliards de dollars par année.
Titres ou valeurs
instruments financiers (tels que les obligations ou les actions) qui peuvent être échangés librement sur le marché libre. La " titrisation " désigne la mise en commun de créances ou d'éléments d'actif qui peuvent ensuite être vendus à des investisseurs.
Volatilité
tendance des marchés financiers à changer rapidement selon les caprices des investisseurs. L'affaiblissement du contrôle national sur les marchés financiers à la suite de la libéralisation des comptes de capitaux et de l'augmentation rapide du volume des placements de portefeuille rend les marché financiers de plus en plus erratiques. Tandis que l'instabilité des marchés profite aux spéculateurs (voir spéculation), l'économie réelle ne peut fonctionner correctement lorsque les taux de change fluctuent de façon anarchique et que le capital déferle à l'entrée et, plus souvent, à la sortie du pays.
     
     
▲ Haut de page